Ju-Jitsu et Self-défense

Ju-Jitsu et Self-défense

Généralités sur le Ju-Jitsu et Self-défense

Depuis l’implantation décisive du Judo en France par M. Kawaishi, l’enseignement de la self-défense se faisait en même temps que celle du Judo. Toutefois, il convient de noter que la plupart du temps, ces deux enseignements étaient dispensés parallèlement et que pratiquement on n’utilisait jamais l’un pour enseigner l’autre.

Puis progressivement, au fur et à mesure que le Judo prenait un caractère plus sportif, plus compétitif, la self-défense est tombée dans l’oubli, ce qui a permis le développement de l’Aïkido et du Karaté. En effet, à l’heure actuelle on ne pense pratiquement plus et c’est regrettable, à l’aspect défense des techniques Judo.

Cette évolution a amené une modification de l’âge des pratiquants ; l’abandon de l’aspect défense au profit du côté sportif a conduit les pratiquants plus âgés à se retourner vers l’Aïkido ou à abandonner purement le Judo.

Intérêt pédagogique de la Self-défense

Enseignement

Tout d’abord, il convient de ne pas oublier qu’un des Katas du Judo : le Kime-No-Kata, est un Kata de défense, donc il est bien évident que la notion défense ne peut être dissociée du Judo. L’enseignement d’un Judo à buts uniquement sportifs conduit à former des pratiquants incomplets. Et ainsi que nous le disions plus haut, ils risquent d’abandonner le Judo après la compétition active.

La self-défense permet d’éduquer des actes réflexes que l’on transforme en mouvements de défense préparatoires à l’étude des techniques de projection.

On peut utiliser ainsi, la self-défense comme « éducatif Judo » et enfin comme contrôle du travail de l’élève. A titre d’exemple, parmi tant d’autres, voici comment sur Ippon seoi nage, on peut concevoir l’enseignement d’une technique :

1ère phase : Uke attaque du poing comme en Nage-No-Kata, Tori apprend à parer, pivoter, en accentuant le déséquilibre, engager et projeter.
2ème phase : Tori poursuit son étude en uchi-komi en ayant supprimé la phase 1.
3ème phase : Tori passe aux déplacements et opportunités simples, la première nous ramenant d’ailleurs à la 1ère phase de l’étude, et projections.
4ème phase : On revient à la self-défense avec une « saisie arrière aux épaules ». Question posée à Tori : quelle épaule doit-on lever ou baisser au contact, traction des bras etc…

Ce dernier stade permet de voir si l’élève a « senti » le mouvement; de plus, cette méthode pédagogique permet de créer au début de l’étude un centre d’intérêt : parer une attaque. L’élève ne travaille donc pas dans l’abstrait, ce qui est difficile pour un débutant chez qui une technique judo ne représente encore rien par elle-même.

Avant ainsi un but, le travail Judo se poursuit plus facilement.

Enfin par une question différente de but premier, on peut voir si l’élève a senti le mouvement s’il y a eu perception du mouvement.

De plus, la self-défense peut également permettre d’exposer aux élèves les principes de mécaniques Judo élémentaires : non résistance, forces centrifuge et centripète, etc…
Possibilités pour les élèves

L’utilisation des techniques de défense dans l’enseignement du Judo permettra la création de Katas de self-défense plus abordables à partir d’un certain âge que le Nage No Kata par exemple. Également, la mise en pratique de randori de self-défense permet de maintenir en contact des élèves d’âges différents qui ne peuvent plus travailler ensemble sur le plan Judo pur.

Ce dernier point est important car ce n’est pas sans une certaine répugnance que des élèves âgés travaillent avec des garçons de vingt ans. La notion du risque étant très différente suivant l’âge, les élèves les plus vieux travaillent contractés et ne peuvent bénéficier pleinement de leurs séances d’entraînement. Ces remarques sont également valables pour le travail mixte.

Conclusion

Il est regrettable que pendant si longtemps on ait négligé l’apport important de la self-défense dans l’enseignement du Judo. Il convient de préparer, ainsi que l’ont prévu les participants aux dernières assises du Judo de mettre sur pieds une progression self-défense applicable à la progression Judo.

Nous possédons là un excellent moyen pédagogique permettant d’élargir le cercle des pratiquants en créant une liaison entre les pratiquants d’âges différents.

Sources : documents de Georges BAUDOT CN 7 Dan – Ecole des Cadres de Lyon

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